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Une tégénaire comme pensionnaire


Est-ce que j’y peux quelque chose
Si je suis noire, velue, ventrue ?
Parce que je suis laide, on suppose
Que je vais vous manger tout cru.

Laide et hideuse, c’est vous qui le dites !
Moi je me trouve bien rigolote
Quand mes huit pattes vont et s’agitent.
Voyez la toile que je tricote…

Tissée en forme de tunnel,
J’y reste tapie la journée.
J’attends, telle une criminelle,
Qu’un insecte vienne s’y enchaîner.

Adieu moustiques, moucherons et mouches
Qui vous agacent dans la maison.
Pour éviter qu’ils ne vous touchent,
Je leur injecte mon poison.

Et quand, la nuit, vous me voyez
Longer les murs, aventureuse,
Ce n’est pas pour vous effrayer.
Je cherche juste mon amoureuse.

(...)
Anne Desblaches

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